lundi 17 août 2015

Des nouvelles de la manchotière

Quand on s'approche de la manchotière, les cris des poussins rivalisent avec ceux des adultes. Il faut dire qu'ils sont nombreux, il ne reste que quelques œufs qui n'ont pas encore éclos.
Les oisillons, couverts seulement d'une fine couche de duvet, sont entièrement dépendants de leurs parents pour se nourrir et maintenir leur température. L'adulte le nourrit par régurgitation avec une sécrétion produite par une glande de son œsophage et appelée "lait de manchot".
Les oisillons grandissent. Certains ont du mal à rester bien au chaud entre les pattes de l'adulte. Il y a ceux qui, devenus trop volumineux, "débordent" et il y a ceux qui ont bien envie d'aller explorer le monde. Mais l'adulte veille et replace avec son bec le curieux, bien à l'abri sous son repli de peau. Car le monde est plein de dangers et je ne parle pas des prédateurs. Non, le danger actuel vient des autres adultes qui pour une raison ou une autre n'ont pas de poussins. Poussés par leur instinct, ils essaient de voler la progéniture de leurs voisins. C'est le temps des rapts.






 Pour l'occasion Benjamine, l'ornithologue de la base, a ressorti son carnet. Elle observe le comportement de la colonie et consigne tous les rapts dont elle est témoin.
Le scénario est toujours le même. Le petit est expulsé de son abri et tous les adultes alentour,  en mal de progéniture, se précipitent pour se l'approprier. On croirait assister à un match de rugby, une mêlée
plus précisément. Heureusement que la plupart du temps le parent biologique fait barrière de son corps pour protéger son petit puis le replace bien au chaud sur ses pattes et le dissimule sous son repli de peau.


jeudi 13 août 2015

Du pain made in DDU

DDU est une base française. Donc, qui dit pain, dit baguettes. Elles sont pétries puis cuites sur place. Tous les jours ? Non, une fois par semaine et le surplus est congelé. Mais nous bénéficions chaque jour de baguettes, parfois encore tièdes, qui accompagnent nos repas.
Pétrissage
La baguette
Baguettes
Dans le four

mercredi 12 août 2015

Histoire d'ondes

Boris à son bureau
J'ai demandé à Boris, notre technicien radio, de m'expliquer par quel miracle nous réussissions à communiquer avec le reste du monde. Il a gentiment répondu à ma requête et voilà ce que j'ai compris.
La VSAT
Le premier moyen de communication c'est la  VSAT, pour Very Small Aperture Terminal (« terminal à très petite ouverture »). Cela désigne une technique de communication par satellite bidirectionnelle qui utilise des antennes paraboliques . Cette technique de communication nécessite peu de moyens au sol et est donc utilisée pour relier notre base aux réseaux de communication, que ce soit pour la téléphonie ou pour l'accès à internet.
Le satellite utilisé est géostationnaire, ce qui rend sa liaison permanente. Les signaux sont reçus en Californie (Santa Paula) puis transmis, via la technologie internet, vers l'IPEV à Brest et/ou les TAAF à  Saint Pierre de la Réunion.
A l'intérieur de la VSAT
Le coeur de la VSAT

D'autres moyens de communication sont possibles en mode secours.
L'Iridium qui est est un système de communication utilisant une constellation de satellites défilants. Il permet de communiquer sur toute la Terre entre des terminaux mobiles, terrestres ou maritimes, et des fournisseurs d'accès.
L'Inmarsat utilise plusieurs satellites géostationnaires positionnés au niveau de l'Equateur mais ne couvre pas l'ensemble de la planète car sa réception est impossible aux  pôles.

Antenne HF
Et pour finir il reste une antenne HF, haute fréquence, dirigée vers Nouméa, qui n'utilise pas de satellite. Elle est donc utilisée pour communiquer avec les stations franco-italienne Concordia et italienne Terra Nova.
L'antenne ressemble à une sorte de fil tendu entre deux poteaux distants d'une vingtaine de mètres. Ce qu'il faut retenir, c'est que plus la fréquence du signal est haute et plus l'antenne est petite. Or l'intérêt de cette technologie est de propager des ondes courtes qui vont se propager par rebond.

Encore des antennes

vendredi 7 août 2015

250 heures !

250 heures, c'est le temps qui s'écoule entre deux visites d'entretien d'un des moteurs de la centrale et c'est à une de ces visites que Xavier a convié tous les curieux de la base. Première précaution quand on franchit le seuil de la centrale, se protéger l'ouïe, avec au choix un casque antibruit ou les bouchons d'oreilles. Ensuite, on traverse rapidement la salle des machines pour se réfugier dans l'atelier où l'on pourra enfin dire un mot, voire poser une question. Cet atelier regorge d'outils de tous usages et surtout de toutes tailles. En fait de visite, on pourrait résumer par vidange d'un gros moteur diesel et changement de filtres. 25 litres d'huile sont nécessaires lors d'une telle opération. Les plus, c'est d'abord le fait qu'il faut basculer du moteur actif sur un second moteur, et puis le petit tour sur le toit du bâtiment pour casser la glace qui se forme autour du conduit d'échappement.

mardi 28 juillet 2015

Tournoi de fléchettes

La base française de DDU est actuellement engagée dans un tournoi antarctique de fléchettes. Il s'agit d'une compétition par équipes qui oppose les diverses bases participantes. Seule condition de participation pour chaque base : être pourvue d'hivernants. La compétition est certes sportive mais de mon point de vue elle est surtout technique. Tout est fonction de l'accès à internet dont dispose chaque base. En dernier recours il reste le téléphone et l'écrit...

Samedi 18 juillet : France - Allemagne. La base de DDU affontait la base de Neumayer. Large victoire de la France !




Mercredi 22 juillet : France - Angleterre. La base de DDU affrontait la base de Halley. Match très serré. Victoire aux points pour la France !



Dimanche 26 juillet : France - Nouvelle-Zélande. La base de DDU affrontait la base de Scott. Petite confusion entre la base Scott (Nouvelle-Zélande) et la base Admussen-Scott (USA), d'où la décoration de la salle quelque peu décalée. Victoire de la France, mais la partie était très serrée.




Prochain rendez-vous :  mercredi 29 juillet contre les Norvégiens de Troll.

lundi 27 juillet 2015

L'île du Derby

Après trois semaines de temps perturbé, nous avons enfin vu le soleil. Ca tombait bien, c'était mon jour de repos. J'étais bien décidée à sortir enfin de mon île pour continuer l'exploration de l'archipel.
Les consignes de sécurité exigent que nous soyons trois au minimum pour partir ainsi à l'aventure. C'est Boris et Cyril qui m'ont accompagnée. Trois heures de marche (aller-retour), une petite grimpette car l'île du Derby culmine à 14 mètres quand même, des manchots et des bergs pris dans la banquise, voilà comment on peut résumer cette sortie.
J'oubliais le pique-nique : sandwich congelé pour mes camarades imprévoyants et petite soupe bien chaude pour moi. On n'a pas fait durer cette pause car le froid s'est rapidement rappelé à nous

Boris et Cyril
Boris et Cyril
Cyril et Mireille
Objectif en vue
La base au loin
Iles Dumoulin
Ascension
Un 3000 m ? Non, 14 seulement...
Boris
Cyril

vendredi 24 juillet 2015

Des timbres et des tampons

 "La GP " est l'un des rares bâtiments bleus de la base. Elle comprend deux bureaux dont l'un est occupé par le gérant postal qui est aussi le chef du service télécom, le Bureau des Communications Radio. Le GP, comme il est couramment désigné, gère donc toute la partie départs et arrivées des dépêches, les lettres et les colis, mais pas que. La plus grande partie de son temps est consacrée à la philatélie ou plutôt devrais-je écrire, la marcophilie.

Mais c'est quoi la marcophilie ?
C'est l'étude des marques et oblitérations postales figurant sur les objets de correspondance.
Et en plus simple ?
C'est une annotation portée sur une lettre par le service postal qui l'achemine : les timbres et l'oblitération, qui est encore une marque qui permet d'annuler la validité d'un timbre et d'indiquer le lieu et la date de son apposition.

Chaque courrier en instance de départ a droit à un certain nombre de tampons : un premier sur lequel figurent les coordonnées géographiques de la base, un deuxième avec le linéaire de la mission et bien évidement un troisième pour la date. Puis il peut ajouter, toujours à la demande du client, un tampon de mission d'hivernant avec la signature de ce dernier, un tampon de programme scientifique, un tampon "premier jour" qui lui sera encré en rouge...
Il oblitère ainsi les courriers à une date bien précise correspondant à :
- un vol avion, généralement un Basler ou un Twin Otter
- un vol hélicoptère
- une arrivée ou un départ de bateau, l'Astrolable le plus souvent
- un retour
- un premier oeuf/poussin/bébé ou un comptage pour chaque espèce animale qui séjourne à proximité de la base


Et pour en finir avec le tour de ses activités, il crée des enveloppes qui comprennent non seulement les tampons et signatures associés à un évènement mais aussi des photos. Evènement il faut le prendre au sens large. Cela peut-être un évènement courant tel que la Mid Winter, les commémorations du 11 novembre, 8 mai et 14 juillet, mais aussi les records météo...
Et enfin, il y a les imprévus, les évènements exceptionnels tels que l'arrivée d'un bateau de croisière, les passages de personnalités publiques...

Et ne pas oublier la comptabilité avec la gestion des valeurs que sont les timbres, les cartes postales, et la notice qui peut accompagner les timbres qui sont liés à un évènement, un personnage, la faune, la flore ou le matériel bien spécifique utilisé sur la base.